Intervention de Mgr Santier : Célébration de la Miséricorde

Publié le Publié dans Enseignements JMJ

Dans cet évangile nous pouvons nous arrêter sur Simon, un pharisien qui invite Jésus à sa table.
Jésus accepte volontiers cette invitation car il ne fait pas de différence entre les personnes ; il manifeste sa miséricorde à tous et, ce soir, à chacun de nous. Mais dans ce récit évangélique l’arrêt sur image, le gros plan, va se fixer sur une femme.
Elle n’était pas invitée et son arrivée au milieu du repas a dû jeter un froid. Elle a déjà rencontré le regard de Jésus et elle s’est sentie aimée et respectée dans sa dignité de femme. Habitée par cette joie, elle manifeste sa reconnaissance par des gestes débordants que les invités trouvent indécents. Elle lave les pieds de Jésus avec ses larmes et les essuie avec ses cheveux. Quel scandale !
Alors monte, dans le cœur de Simon, cette réflexion : Si cet homme était un prophète, il saurait qui est cette femme, une pécheresse. La voilà étiquetée une fois pour toutes, comme les étiquettes que nous mettons sur les autres !
Pour détourner les regards accusateurs portés sur cette femme, Jésus raconte une parabole, celle de deux créanciers à qui le maître remet leur dette : L’un devait cinq cents deniers, l’autre cinquante. Comme ils n’avaient pas de quoi rembourser, il fit grâce à tous deux. Jésus entre alors en dialogue avec Simon : Lequel des deux l’en aimera davantage ? lui demande-t-il. Et Simon répond : Celui-là, je pense, auquel il a fait grâce de plus. Il lui dit : Tu as bien jugé.
Jésus poursuit, faisant la comparaison entre son attitude et celle de la femme : Tu vois cette femme ? Je suis entré dans ta maison et tu ne m’as pas versé d’eau sur les pieds ; elle, au contraire, les a arrosés de ses larmes et essuyés de ses cheveux. Tu ne m’as pas fait d’onction sur la tête ; elle, au contraire, elle a répandu du parfum sur mes pieds.
Ainsi Jésus fait changer le regard porté sur la femme ; il fait passer Simon, et nous-mêmes, d’un regard accusateur à un regard d’admiration. Elle a montré beaucoup d’amour parce que, d’abord, elle a reçu l’amour de Jésus pour elle ; et l’évangéliste nous fait admirer ce que Jésus, ce que Dieu a fait en elle : Ta foi t’a sauvée, va en paix. Elle ne se sent plus rejetée, culpabilisée ; elle est envahie par la Miséricorde de Dieu et de Jésus et c’est la raison pour laquelle elle a accompli tous ces gestes.
Ici, Jésus nous révèle ce que Dieu, peut faire dans le cœur d’un pécheur, ce qu’il peut faire en nous : nous envahir de son amour, de sa joie, par le pardon des péchés : Femme, tes péchés sont pardonnés.
Nous avons des difficultés à nous approcher d’un prêtre pour recevoir le sacrement du pardon parce que nous sommes fixés sur ce que nous avons fait et qui nous pèse, sur ce que les autres ou nous-même, nous reprochent. Or ce n’est pas cela le sacrement du pardon. Le pape François en parle en disant : ‘’Souvent nous pensons qu’aller se confesser c’est allez chez le teinturier. Mais Jésus, au confessionnal, n’est pas un teinturier !’’
La confession, c’est une rencontre avec Jésus ; c’est faire l’expérience de son amour, de sa tendresse, l’expérience de son pardon qui nous renouvelle et nous transforme comme le pardon de Jésus a transformé la femme dans l’Evangile. Et le pape François insiste : ‘’La confession n’est pas une séance de torture mais une fête’’. La joie que Dieu a de nous pardonner.
C’est parce que dans ce sacrement nous sommes touchés par l’amour de Dieu, qu’en nous jetant dans ses bras nous pouvons nous reconnaitre pécheurs. Etre pécheur, c’est reconnaitre que nous comptons davantage sur nous-mêmes que sur Dieu, sur nos propres forces plutôt que sur sa grâce, sa force, son amour. Etre pécheur, ce n’est pas uniquement reconnaitre que nous avons commis des péchés, des actes mauvais. Etre pécheur, c’est reconnaitre que, sans la grâce de Dieu, je ne peux pas aimer totalement, en vérité. Etre pécheur, ce n’est pas reconnaitre des fautes morales –ce serait du moralisme, ce qui est desséchant. Etre pécheur, c’est reconnaitre ses manques d’amour pour se laisser aimer et envahir par l’amour, se laisser guérir par l’amour là où on a été blessé.
Quand des journalistes ont demandé au pape : ‘’Qui êtes-vous ?’’, il a répondu : ‘’Je suis un pécheur pardonné’’. Le sacrement est ce don du pardon des péchés. Le pape dit : ‘’Se confesser tout seul, c’est se confesser par e-mail. Dieu reste lointain’’.
Parce que Jésus a voulu que cette grâce de pardonner les péchés soit transmise à ses apôtres, à l’Eglise, vous recevez ce sacrement du pardon par les prêtres. Par eux, la miséricorde de Dieu me touche, me rejoint ; mes péchés sont pardonnés, la joie m’est donnée !
Aussi, devant le prêtre, je vous invite à vous tourner vers le Père et à poser un acte de foi en disant : ‘’Je crois en ton amour et je te loue pour tout ce qu’il a fait en moi et pour tout ce qu’il fait en moi depuis le début de ce pèlerinage’’.
Ensuite, devant ce grand amour que Dieu a pour nous, vous pouvez confesser : ‘’Seigneur, tu sais bien que je t’aime ; je sais que tu m’aimes, je me reconnais pécheur’’.
Après avoir confessé l’amour de Dieu, vous confessez vos manques d’amour, vos péchés, ce qui vous pèse dans votre vie pour que le Seigneur vous libère de ce qui vous empêche d’être libre, de ce qui vous enchaine et dont vous ne pouvez pas vous libérer par vous-même. Alors, vous entendrez de la part du prêtre ‘’Je te pardonne tous tes péchés’’.
Vous ferez l’expérience du passage du Seigneur dans votre vie.